refus du plaisir
Si généralement les dialogues (c’est un grand mot) qui ont lieu dans le fameux dial des sites de rencontres sont brefs (bonjour, ouvrir album ou msn, on va s’arrêter là) on peut, pensons-nous, à peu de frais au moins les rendre cordiaux. Des règles tacites se découvrent à force d’expérience.
Ainsi, le but du premier contact est de dévoiler - ou de faire dévoiler - les photos avec visages. La seconde étape à pour but de, soi connaître l’effet produit par nos têtes si mal reproduites - nous sommes tellement mieux en vrai -, soi informer l’interlocuteur que l’on souhaite poursuivre (ou pas). Economie de temps. Il serait, après tout, idiot et contre productif de passer quelques minutes à échanger sur la météo, avec des gens qui sont là dans un but précis, et la météo ne fait pas parti des buts. Il faut donc savoir - vite - si l’espoir de séduction de l’image d’un corps à visage absent, demeure lorsque ce corps prend âme.
Dire non à l’autre, est un exercice déroutant les premiers temps. En effet, nous avions commis l’erreur d’une discussion avant photo, et la menions tambour battant. Lorsque ceux d’en face - mais si lointain - nous envoyèrent leur image entière, et face à l’évidence qu’il n’y aurait pas de possible avenir avec eux, le rythme de l’échange s’en trouva perturbé. Nous nous retrouvions face à la violence de devoir affirmer à nos éphémères camarades de clavier notre refus. Notre temps de réaction, était en lui-même un mauvais signe, et nous aurions pût - en toute lâcheté - laisser ainsi les choses pourrir. Cela (évidemment!?) ne nous convenait pourtant pas. Nous nous décidions, enfin, à rendre notre avis défavorable, et goûtions alors à la mélancolie du bourreau …

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